Une bonne gouvernance pour les peuples indigènes

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La bonne gouvernance pour les peuples autochtones

 

Auteur: Tatiana Rinke  est titulaire d’une maîtrise en Politique Environnementale de SciencesPo Paris et travaille actuellement en tant que consultant en développement durable, éthique et diversité à Paris. Elle fait partie de CliMates depuis 2011, d’abord comme membre de la délégation allemande et maintenant en tant que co-coordinatrice des «droits des peuples autochtones» groupe -recherche. Elle a travaillé pour l’Organisation Internationale pour les Migrations au Mexique ainsi que pour l’UNESCO à Paris où elle fut stagiaire à la section pour les Droits Indigènes et Petits États Insulaires.

Traduit de l’anglais par Elodie Cardon

La Treizième Session de l’Instance permanente des Nations Unies sur les Questions Autochtones (qui a été tenue du 12 au 23 Mai à New York) a certainement été un événement culturel très intéressant. Des instruments traditionnels de Nouvelle-Zélande furent joués au cours de la cérémonie d’ouverture, un marché d’artisanat autochtone a été organisée dans le bâtiment de l’ONU et de nombreuses autres manifestations concernant la diversité des 1500 participants autochtones ont eu lieu. Mais est ce que ce Forum permanent, créé en 2000, est en mesure d’aborder les vraies questions concernant les peuples autochtones? Bien sûr, personne ne peut nier que la bonne gouvernance – le thème spécial de la session 2014 – est un point clé d’une meilleure reconnaissance des droits des peuples autochtones. Cependant, on pourrait se demander si d’autres thèmes ne seraient-ils pas plus urgents?

 

De petits changements peuvent avoir de grandes conséquences pour eux

 

Ban-Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, a déclaré lors son discours d’ouverture «qu’un domaine vital de la mise au point [concernant les peuples autochtones] est le changement climatique». Il a même reconnu «le rôle central des peuples autochtones pour relever le défi climatique» car «les connaissances et les pratiques des peuples autochtones traditionnels peuvent aider à combler l’écart des émissions et nous conduire sur une voie plus durable». En effet, les peuples autochtones sont les premiers à s’être préoccupés quant aux questions liées aux conditions environnementales changeantes. Leur mode de vie est basé sur l’utilisation des ressources disponibles dans l’écosystème qu’ils habitent. Même de petits changements peuvent modifier leur niveau de vie et les obliger à migrer vers des zones plus urbaines et donc abandonner une grande partie de leur identité culturelle.

En parallèle, leur connexion à ces écosystèmes leur permet d’avoir une connaissance approfondie quant à la façon de prévoir et de s’adapter aux effets du changement climatique. Certaines communautés autochtones ont déjà dû s’adapter à l’évolution des conditions climatiques dans le passé … et ont été couronnées de succès.

Cependant, le thème du changement climatique a été développé d’une manière très marginalisée durant les débats, étant simplement mentionné entre les autres questions auxquelles les peuples autochtones devaient faire face.

 

Au cours d’une session de l’Instance permanente des Nations Unies sur les Questions Autochtones

 

Bien sûr, on pourrait dire que l’Instance permanente sur les Questions Autochtones peut ne pas être la scène la plus adéquate pour discuter de l’inclusion des peuples autochtones dans les efforts internationaux de lutte contre le changement climatique. Les peuples autochtones, malheureusement, ne sont pas spécifiquement reconnus comme des victimes du changement climatique dans les documents importants tels que la CCNUCC et le Protocole de Kyoto. Ils ont même dû attendre 2007 et le quatrième rapport d’évaluation du GIEC pour être mentionnés dans toute publication pertinente sur le changement climatique.

Par conséquent, la priorité devrait être de se concentrer sur les peuples autochtones, y compris dans les négociations internationales sur le changement climatique, et voir comment  ils pourraient partager au mieux leurs connaissances avec la communauté scientifique. Cependant, afin d’être inclus dans ces négociations, les peuples autochtones doivent se présenter dans l’unité, en un seul. Ils ont besoin d’être clair sur ce qu’ils attendent de la communauté internationale et les circonstances dans lesquelles ils sont prêts à partager leur savoir-faire. Pour cela, l’Instance permanente sur les Questions Autochtones est le meilleur podium … si seulement l’accent serait plutôt un peu plus sur ce sujet nous devons nous attaquer dès maintenant.

 

Toutes les déclarations et les documents produits au cours de la treizième session de l’Instance permanente sur les Questions Autochtones peuvent être trouvés ici : http://undesadspd.org/indigenousfr/Home.aspx

Cette article a été publié sur le Clim’blog de CliMates : Good governance for Indigenous people.

L’association CliMates adhère aux principes éthiques de la Charte de la Terre. Elle est engagée dans le processus de renouvellement perpétuel de cette charte sociale initiée par l’ONU et rédigée avec la société civile. Considérant que l’exercice de la liberté des personnes dans leurs communautés contribue au processus du Bien Commun, elle encourage notamment toute forme de réflexion portant sur les capabilités (ou possibilités) des sociétés indigènes sur leur territoire et dans un contexte globalisé”.

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