Biens communs, biens publics : quelques repères !

La notion de biens communs renvoient à la fois à des courants académiques et à des combats politiques.

Retrouvez une publication des Entretiens Albert Kahn qui vous aidera à vous repérer, grâce à des rappels théoriques et des cas pratiques.

Violaine Hacker (Initiative Bien commun & Charte de la Terre) y participe. Vous retrouverez donc quelques références à la Charte de la Terre. :

La gouvernance des biens communs : entre choix et effectivité

Alors que les initiatives fleurissent pour inventer des manières créatives et solidaires de générer, gérer et partager des ressources, la tentation est grande de lister les pratiques relevant des biens communs – les séparant ainsi de celles qui ne le seraient pas. L’un des écueils à éviter lorsque l’on considère les biens communs est pourtant la multiplication des dichotomies opposant une catégorie – organique – à une autre : l’argent et le social, l’humanitaire et le marchand, le public et le privé. Depuis Aristote, la philosophie du Bien commun cherche plutôt à organiser ces diverses composantes autour de la fonctionnalité d’un projet. Celui-ci doit concilier à la fois les considérations matérielles (ressources physiques et financières) et immatérielles (identité, sentiment d’appartenance, conflictualité, choix et mécanisme de changement).

Les biens communs représentent davantage que la superstructure liée à la production de biens et de services adossée à une autogestion démocratique reconnaissant des valeurs de solidarité ou de bien-vivre. Et le Bien commun n’est pas du seul ordre du bien et du mal, ou de la notion de morale de droits de l’homme (libéralisme juridique) qui fixe de façon statique des interdits (violation des droits fondamentaux) et des possibilités (égalité des chances dans la diversité des talents). Cette philosophie diffère de la notion d’« intérêt général » chère à l’école du « contrat social » fondée sur une « volonté générale » potentiellement désincarnée. L’harmonie collective – ou la conciliation de l’épanouisse- ment de la personne et de l’utilité sociale au sein de la communauté – s’inscrit plutôt dans le cadre d’un processus orienté en fonction d’un sens partagé. Dès lors, ce qui importe dans la pensée du Bien commun, ce n’est pas tant le contenu du discours que le processus dans lequel il s’inscrit. Agir par le Bien commun ne représente surtout pas une injonc- tion, une conduite à suivre, ou une livraison de solutions reproductibles. Il pose plutôt des problèmes qui supposent de considérer tantôt la capacité, tantôt la vulnérabilité de l’homme à évaluer les situations, et les conduites à tenir en tant qu’expression du désir. La personne se situe dans une dynamique, dans une relation avec l’autre, au-delà de tout dogmatisme ou relativisme.

Comprendre la gouvernance des communs suppose dès lors de tenir compte de la diversité des territoires, des choix collectifs et des mécanismes de changement, en particulier dans un contexte global- local. Cette pensée considère certes les ressources à gérer en commun, mais aussi le processus (Par le Bien commun), choisi en fonction d’un contexte et d’une finalité partagés. Gouverner Par le Bien commun exige d’envisager de manière systémique la durabilité spatiale, de sortir d’une approche essentiellement centrée sur les questions techniques ou de structures, et d’intégrer une vision plus phénoménologique et sociale.

Penser Par le Bien commun propose donc trois points de vue.

1° Les choix de gouvernance des ressources communes : les propriétés collectives, les services publics,
les infrastructures, ce qu’il est décidé de mettre en commun.

2° L’équilibre de la relation entre la personne
et la communauté : les moyens de concilier l’épanouissement et les relations des personnes avec l’utilité sociale assurée au sein de la communauté.

3° L’efficience des choix communs : l’accès réel de chaque personne
aux services garantis par la communauté.

A lire : Cahier 20 : Biens publics, biens communs : de quoi parle-t-on vraiment ?

Au sommaire :

  • Les (biens) communs : de la définition économique à l’affirmation politique par Ludovic Viévard
  • Comprendre et promouvoir les biens communs numériques ? par Philippe Aigrain
  • La gouvernance des biens communs : entre choix et effectivité par Violaine Hacker
  • Le programme Open Data : l’action publique créatrice d’un bien commun ? par Emmanuelle Durandau
  • Aménagement des berges de Seine ou comment concilier l’habitat fluvial et les autres usages des berges par Frédérique David
  • Synthèse prospective par Carine Dartiguepeyrou
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